Parfois, l’entreprise familiale a besoin d’un psy!

Parfois, l’entreprise familiale a besoin d’un psy!

L’entreprise familiale vit à la croisée de deux mondes : la famille, essentiellement régie par l’émotionnel, et l’entreprise, régie par le rationnel. Elle peut avoir besoin d’un accompagnement psy spécialisé dans des situation de blocage qui mettent sa survie en danger. Résumé d’un article de Caroline Minialai.

Caroline Minialai consacre actuellement une partie de son temps à des travaux de recherches sur les entreprises familiales au sein de la HEM Business School. Elle est l’auteure d’une thèse de doctorat intitulée « La succession des PME familiales marocaines : une approche par le système familial. »

Dans un article paru en juillet dernier, elle fait le constat suivant, qui rejoint notre avis et notre pratique : l’entreprise familiale peut avoir besoin d’un psy.
En effet, dit-elle, l’entreprise familiale se constitue à l’intersection d’un système dominé par les émotions, la famille, et d’un système principalement rationnel, l’entreprise. » Et un dysfonctionnement du système familial peut avoir comme impact la disparition pure et simple de l’entreprise familiale.
Elle avertit que, dans un tel cas, la consultation trop tardive d’un psy peut malheureusement ne mener qu’au triste constat qu’il n’y a plus de collaboration possible entre les membres de la famille au sein de l’entreprise et que la seule option possible est de se séparer, en laissant l’entreprise sans futur crédible.
Elle souligne, en pointillé, que l’affectio societatis qui règne au sein de la famille – et doit y être savamment entretenue – est une clé de la pérennité de l’entreprise familiale.
Elle conclut, exemples à l’appui, que des situations de blocage au sein de l’entreprise ou de la famille nécessitent d’être traitées avec une aide thérapeutique spécialisée. Et ce notamment dans les cas de transmission des parents aux enfants ou encore lorsque la peur de conflits ouverts entrave les prises de décisions nécessaires à la survie et au développement de l’entreprise.

Les facteurs de réussite essentiels, selon elle :
Respect – Confiance mutuelle – Communication
S’ils ne font pas partie intégrante des valeurs de la famille, ils doivent y être développés !

Pour l’article in extenso, c’est ici !

L’attachement, de l’enfance à la relation de couple.

L’attachement, de l’enfance à la relation de couple.

Que voilà un article bien ficelé !

Son auteure, Caroline Jambon, se base sur un livre récent de Yvane Wiart « L’attachement, un instinct oublié » (Albin Michel). Elle revient sur les bases de la théorie de l’attachement de Bowlby, et va plus loin en retraçant les évolutions post-Bowlby.

Elle nous rappelle les trois types d’attachement chez l’enfant :
– l’attachement sécure
– l’attachement évitant
– l’attachement ambivalent (anxieux)

Chaque type est développé de façon très claire et observé dans son développement de l’enfance à l’âge adulte.

Vient ensuite le moment de brosser le portrait de l’adulte et de constater les impacts sur la relation amoureuse et le couple.

En guise de conclusion, les voies qui mènent à la résilience sont décryptées sous l’angle des neurosciences puis traduite en langage courant :
– l’aide d’un thérapeute (attention, tous les thérapeutes ne se valent pas en ce qui concerne ce type
de travail !!!)
– la rencontre d’une personne sécure « dans la vraie vie »
– la prise de conscience personnelle (qui est décrite comme rare et difficile et qui me semble plutôt constituer une étape vers un recours à l’aide thérapeutique)

Je vous recommande bien évidemment et vivement la lecture in extenso de l’article de Caroline Jambon.
Je n’ai, à ce jour, pas lu le livre de Yvane Wiart mais j’ai bien envie de le rajouter à la pile de bouquins qui m’attendent patiemment.

La transmission de l’entreprise familiale : le regard d’un systémicien

La transmission de l’entreprise familiale : le regard d’un systémicien

Jacques-Antoine Malarevicz, systémicien de renom, intervient en entreprise depuis 1987. Il nous livre dans cet article son regard sur l’entreprise familiale et en particulier les difficultés liées à la transmission de celle-ci.

Selon lui, au moment de la transmission, l’entreprise est plus que jamais envisagée comme un patrimoine, monétisée, et c’est cette considération monétarisée de l’entreprise qui réveille les affects et rend problématique la transmission. Au point que pour deux entreprises sur trois, la transmission se passera mal et l’entreprise ne pourra pas rester dans la famille.

On comprend à quel point les enjeux sont cruciaux !

La transmission est affective à plus d’un titre, et à des degrés divers selon les personnes et les situations.
Il y a bien entendu la situation du/des cédant(s), parfois fondateur(s) de l’entreprise, qui a/ont un véritable travail de deuil à faire.
Par ailleurs, le cédant aura à accorder sa confiance à son ou ses enfants repreneurs. A l’heure actuelle, le repreneur n’est plus systématiquement l’ainé, mais peut être n’importe lequel des enfants, fille ou garçon. Il peut également s’agir de co-repreneurs : plusieurs membres de la fratrie, un couple, …
Cela peut également compliquer le bon déroulement de la transmission car cela remet en question les cadres de référence traditionnels.
Des secrets de familles émergent parfois à cette occasion, déstabilisant d’autant plus le système familial et ses membres.

Les problèmes de transmission font crise lorsqu’ils n’ont pas été anticipés, nous dit le systémicien. L’essentiel est de préserver l’entreprise, qui peut sérieusement souffrir de périodes conflictuelles trop longues, dues au manque de préparation.
L’idéal, selon Malarevicz, est d’avoir anticipé par l’élaboration préalable d’une « charte familiale » prévoyant toutes les problématiques, tant financières que relationnelles.

Au vu des changements sociétaux de notre époque et de leur rapidité, je me demande parfois s’il est possible de tout anticiper. Et comment anticiper des secrets de famille ? Mais il est clair que la prévision des problématiques possibles via une charte constitue un excellent travail préparatoire.
Les modalités de réalisation de ce travail seront également essentielles : au plus la famille sera mobilisée et impliquée, au plus le système sera préparé. Donner une place à la composante émotionnelle dans le travail préparatoire sera également un gage de meilleur déroulement de la phase de transition effective.

Dans la réalité que j’observe et accompagne, prévoir les dynamiques relationnelles inconscientes liées à la transmission reste difficile.
Il me semble délicat de stigmatiser les entreprises qui n’auront pas trouvé le temps de faire ce travail préalable ou n’y auront pas pensé par manque d’information, ou encore se retrouveront coincées dans une crise malgré un travail anticipatif, du fait de l’émergence d’événements nouveaux dans le processus de la transmission.